Au Luxembourg, un courtier en crédit est un intermédiaire de crédit : il vous présente des offres de prêteurs, prépare votre dossier ou conclut le contrat pour le compte du prêteur, contre rémunération. Il ne prête pas lui-même et ne décide pas de l’octroi. Son statut dépend du crédit : pour le crédit à la consommation, il doit disposer d’une autorisation ministérielle et figurer sur une liste publiée sur Guichet.lu ; pour le crédit immobilier, il lui faut un agrément de la CSSF et une inscription à son registre. Dans les deux cas, ses frais doivent vous être communiqués par écrit avant la signature.
L’essentiel
- Un intermédiaire n’est pas un prêteur : l’offre, le taux et la décision viennent de la banque ou de l’organisme de crédit.
- Crédit à la consommation : liste des intermédiaires habilités (Direction de la protection des consommateurs).
- Crédit immobilier : agrément et registre de la CSSF.
- Rémunération : commission versée par le prêteur, frais payés par vous, ou les deux. Vos frais entrent dans le TAEG.
- Vérifiez l’inscription, l’autorisation d’établissement et le registre de commerce avant de confier vos documents.
Ce que fait un intermédiaire de crédit
Le Code de la consommation luxembourgeois définit l’intermédiaire de crédit comme une personne qui n’agit pas en qualité de prêteur et qui, dans le cadre de son activité professionnelle et contre une rémunération, fait au moins l’une de ces trois choses :
- il présente ou propose des contrats de crédit ;
- il vous assiste par des travaux préparatoires (collecte des pièces, montage du dossier) ;
- il conclut le contrat de crédit avec vous pour le compte du prêteur.
Le mot « courtier » n’est donc pas un statut en soi. Un bureau de courtage, mais aussi un garage ou un magasin qui propose un financement à ses clients, peuvent être intermédiaires de crédit. Guichet.lu cite l’exemple du vendeur automobile qui exerce cette activité à titre accessoire.
Pour le crédit immobilier, la définition exclut la personne qui se contente de vous présenter à un prêteur : l’intermédiaire propose des contrats, prépare le dossier ou conclut pour le prêteur.
Crédit à la consommation ou crédit immobilier : deux régimes
La première question à poser est simple : pour quel type de crédit l’intermédiaire est-il habilité ?
| Point | Conso | Immobilier |
|---|---|---|
| Contrôle | Ministère | CSSF |
| Liste | Guichet.lu | Registre CSSF |
| Statut | exclusif ou non | lié ou non |
| Vos frais | par écrit | par écrit |
Intermédiaire en crédit à la consommation
Prêt personnel, crédit auto, prêt travaux sans hypothèque : l’intermédiaire établi au Luxembourg doit détenir l’autorisation ministérielle requise. Selon Guichet.lu, c’est celle du ministère des Finances s’il fait partie du secteur financier, ou celle du ministère de l’Économie s’il est principalement commerçant ou artisan et intermédiaire à titre accessoire.
Il doit aussi se faire inscrire sur la liste des intermédiaires de crédit habilités, tenue par la Direction de la protection des consommateurs, en indiquant le ou les prêteurs avec lesquels il travaille (art. L. 224-21, paragraphe 2, du Code de la consommation). Ne pas être inscrit ou ne pas respecter ses obligations d’information est puni d’une amende (art. L. 224-25).
Intermédiaire en crédit immobilier
Pour un crédit destiné à acheter, construire ou conserver un bien immobilier, nul ne peut être établi au Luxembourg comme intermédiaire de crédit immobilier sans un agrément écrit de la CSSF (art. L. 226-23). Cet agrément suppose notamment une assurance en responsabilité civile professionnelle (art. L. 226-26).
La CSSF tient un registre des intermédiaires de crédit immobilier et le publie sur son site. Il indique au moins les dirigeants responsables, les pays où l’intermédiaire exerce, s’il est lié (il agit pour un seul prêteur ou un seul groupe) ou non, et le ou les prêteurs pour lesquels agit un intermédiaire lié (art. L. 226-28). Les établissements de crédit agréés en sont dispensés (art. L. 226-23, paragraphe 2).
Notre guide du prêt immobilier au Luxembourg détaille l’apport, les limites de financement et les frais d’un achat.
Comment un courtier est-il rémunéré ?
Deux sources de rémunération existent, parfois cumulées :
- la commission du prêteur : la banque ou l’organisme de crédit rémunère l’intermédiaire lorsque le contrat est conclu ;
- les frais ou honoraires payés par vous : ils rémunèrent la recherche d’offres, le montage du dossier ou un service de conseil.
La loi ne fixe pas de tarif. En revanche, elle impose la transparence.
Ce que l’intermédiaire doit vous dire (crédit à la consommation)
- L’étendue de ses pouvoirs, dans sa publicité comme dans ses documents : travaille-t-il à titre exclusif avec un ou plusieurs prêteurs, ou comme courtier indépendant ?
- Avant la conclusion du contrat, tous les frais que vous lui devrez, communiqués et convenus sur papier ou autre support durable.
- Ces frais sont transmis au prêteur pour le calcul du TAEG : l’offre reflète donc le coût total, courtage compris.
Source : art. L. 224-22 du Code de la consommation.
Ce que l’intermédiaire doit vous dire (crédit immobilier)
Avant d’exercer son activité pour vous, il vous remet par écrit au moins (art. L. 226-35) :
- son identité, son adresse, le registre où il est inscrit et le moyen de vérifier cette inscription ;
- s’il est lié ou travaille à titre exclusif, et pour quels prêteurs ;
- s’il propose un service de conseil ;
- les frais que vous lui paierez, ou leur méthode de calcul ;
- l’existence et, s’il est connu, le montant des commissions versées par les prêteurs (sinon, le montant réel figurera plus tard dans la fiche d’information standardisée européenne, la FISE) ;
- ses procédures de réclamation et, le cas échéant, les voies de recours extrajudiciaires.
Vous pouvez aussi demander les niveaux de commission payés par les différents prêteurs dont il vous propose les contrats. S’il vous facture des frais et touche aussi une commission, il doit préciser si celle-ci est déduite de ses frais. Enfin, il ne peut se dire « conseiller indépendant » que s’il examine un nombre suffisant d’offres du marché et, lorsqu’il ne couvre pas la majorité du marché, s’il n’est pas rémunéré par les prêteurs pour ce conseil (art. L. 226-15).
Vérifier un courtier en quatre contrôles
- Crédit à la consommation : cherchez son enseigne dans la liste des intermédiaires de crédit à la consommation établis au Grand-Duché. Pour chacun, elle indique le numéro au registre de commerce, le numéro d’autorisation d’établissement, les adresses des établissements et les prêteurs associés.
- Crédit immobilier : vérifiez sa présence dans le registre des intermédiaires de crédit immobilier sur le site de la CSSF, et s’il est lié ou non.
- Autorisation d’établissement : le numéro annoncé doit correspondre à la société qui vous reçoit. Guichet.lu propose un outil de recherche des autorisations d’établissement.
- Registre de commerce : le numéro RCS (B suivi de chiffres) se vérifie auprès des Luxembourg Business Registers. Comparez la dénomination, l’adresse et les dirigeants avec ce que dit le site du courtier.
Un écart n’est pas forcément une fraude, mais il justifie une question écrite. Dans nos fiches, nous avons confronté plusieurs courtiers actifs auprès des résidents à la liste officielle :
- CreBelFin : un courtier belge avec une succursale à Bereldange ;
- Crefibel et Crefilux : deux sociétés distinctes ;
- CPE Crédit : l’agence d’Esch-sur-Alzette inscrite, celle de Mersch absente de la liste ;
- Deltacredit : une « agence Luxembourg » sans adresse au Grand-Duché.
Un courtier établi dans un autre pays reste soumis aux règles et à l’autorité de ce pays. Vérifiez alors aussi qui émettra l’offre, quel droit s’appliquera au contrat et dans quelle langue vous recevrez les documents.
Les questions à poser avant de confier votre dossier
- Pour quel type de crédit êtes-vous habilité, et où puis-je vérifier votre inscription ?
- Avec combien de prêteurs travaillez-vous, et lesquels ?
- Qui vous rémunère ? Quels frais me facturerez-vous, à quel moment, et sont-ils dus si aucun crédit n’est conclu ?
- La commission du prêteur est-elle déduite de vos frais ?
- Me remettrez-vous plusieurs offres écrites, avec leur TAEG et leur montant total dû ?
- Quelles pièces demandez-vous, et comment protégez-vous mes données ?
- Comment introduire une réclamation si le service ne me convient pas ?
Pour préparer les pièces, consultez notre liste des documents pour un prêt au Luxembourg.
Ce qu’un courtier ne peut pas faire
- Garantir l’octroi : avant de conclure, le prêteur évalue lui-même votre solvabilité (art. L. 224-10 et L. 226-12) et décide. Une « réponse de principe » n’est pas un accord.
- Couvrir tout le marché : un intermédiaire ne propose que les prêteurs avec lesquels il a un accord. La liste officielle les nomme pour le crédit à la consommation.
- Vous dispenser de comparer : lisez chaque offre, en particulier le TAEG, la durée, le montant total dû et les assurances éventuelles.
- Remplacer vos droits : les informations précontractuelles du prêteur et, pour le crédit à la consommation, le délai de rétractation de 14 jours s’appliquent aussi lorsque vous passez par un intermédiaire.
Avant de rencontrer un courtier, estimez ce que votre budget permet avec notre méthode de calcul de la capacité d’emprunt au Luxembourg.
Estimer une mensualité de crédit à la consommation
Express Finance (FIMAX Sàrl), inscrit sur la liste des intermédiaires de crédit à la consommation mise à jour le 1er septembre 2026, propose un simulateur pour le crédit personnel, le crédit travaux, le crédit voiture et le rachat de crédits personnels. Il ne concerne pas le crédit immobilier.
Lien commercial vers expressfinance.lu (Express Finance, courtier en crédit). Le taux préférentiel qu’il affiche est réservé, selon ses conditions consultées le 26/09/2026, aux emprunteurs propriétaires d’un bien dans leur pays de résidence, engagés à durée indéterminée chez un employeur de ce même pays et dont les charges représentent moins de 35 % des revenus ; sinon, le barème légal s’applique. Un frontalier salarié au Luxembourg ne remplit donc pas la condition d’emploi. Estimation indicative. L’octroi dépend de l’analyse de votre dossier.
Sources
- Legilux, Code de la consommation, version consolidée au 31 décembre 2024 (PDF) : art. L. 224-2 (définition de l’intermédiaire de crédit), L. 224-10, L. 224-21, L. 224-22 et L. 224-25 (crédit à la consommation) ; art. L. 226-1, point 14, L. 226-12, L. 226-15, L. 226-23, L. 226-26, L. 226-28 et L. 226-35 (crédit immobilier), consulté le 26/09/2026.
- Guichet.lu, Inscription sur la liste des intermédiaires de crédit à la consommation habilités (dernière modification le 02/12/2024), consulté le 26/09/2026.
- Direction de la protection des consommateurs, Liste des intermédiaires de crédit à la consommation établis au Grand-Duché de Luxembourg (mise à jour du 01/09/2026), consultée le 26/09/2026.
- CSSF, Mortgage credit intermediaries (agrément et registre), consulté le 26/09/2026.
- Guichet.lu, Rechercher une autorisation d’établissement, consulté le 26/09/2026.
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